Un moment important.
A cette époque, je commençais à aller au théâtre. C’était très vivant dans ce qu’on appelait le Jeune Théâtre. J’ai vu la Pilule verte au Théâtre de la Balsamine d’après l’auteur polonais Witkiewicz. La pièce se déroulait dans l’ancienne caserne militaire Dailly. Le public déambulait dans l’espace abandonné à la recherche des comédiens, à la recherche de la représentation. Fragmentation, ruines, malentendu, inquiétude détachée, mise en abîme: la pièce et sa mise en scène ont frappé dans le mille. Une allégorie sur notre situation, nos sentiments. Dans le fond, j’étais bouleversé.
Après ça, j’étais convaincu que je devais me diriger par là. J’ai été voir les premiers spectacles de Dezoteux au Théâtre Elémentaire, avec Suzana Lastreto, les pièces de Liebens, d’Alain Populaire (dont une pièce mémorable autour d’Antonin Artaud, rue du Sel à Anderlecht).
J’ai commencé à aller au cinéma. Au Monty, place Fernand Cocq, j’ai vu mes premiers Fassbinder: “Les larmes amères de Petra Von Kant”. Encore un choc, voire une jolie fissure….
